Description
Cerisier Abouriou
Le cerisier Abouriou est une variété ancienne de guigne originaire du Lot-et-Garonne, reconnue pour sa précocité — la récolte a lieu fin mai, à l’époque du Burlat — et pour sa chair pourpre très tendre à jus coloré. Le cerisier Abouriou forme un arbre peu vigoureux, d’environ 5 m sur 4, à floraison peu sensible aux gelées tardives. Nous le greffons à la pépinière, au Passage d’Agen, à quelques kilomètres de son terroir d’origine, en certification AB / Ecocert.
Fiche d’identité de l’Abouriou
| Critère | Valeur | Précision |
|---|---|---|
| Espèce | Prunus avium | Cerisier doux, groupe des guignes |
| Origine | Lot-et-Garonne | Variété paysanne locale |
| Étymologie | Occitan aboriu, « hâtif » | Homonyme du cépage du Marmandais |
| Floraison | Fin mars à début avril | Peu sensible aux gelées tardives |
| Pollinisation | Non autofertile | Napoléon, Van, Reverchon cités |
| Récolte | Fin mai | Même époque que le Burlat |
| Fruit | Cordiforme, calibre moyen | Peau pourpre à noire |
| Pédoncule | Long, non adhérent au fruit | Se détache à la cueillette |
| Chair | Très tendre, pourpre | Juteuse, jus pourpre |
| Saveur | Équilibrée | Très bonne qualité gustative |
| Usage | Table, pâtisserie, jus | Jus épais et coloré |
| Vigueur | Peu vigoureux, environ 5 × 4 m | Port dressé puis étalé |
| Sanitaire | Peu sensible aux parasites | — |
| Rusticité | Jusqu’à environ −20 °C | — |
| Porte-greffes proposés | Colt et Sainte-Lucie courants |
Présentation du Cerisier Abouriou
L’Abouriou est une variété paysanne du Lot-et-Garonne, sans obtenteur connu ni date d’origine documentée. Elle appartient à cette catégorie de fruitiers locaux qui n’ont jamais quitté leur département, conservés de verger en verger, et que seules quelques pépinières régionales et associations de sauvegarde maintiennent aujourd’hui.
Le cerisier Abouriou est une guigne, c’est-à-dire une cerise douce à chair tendre, par opposition aux bigarreaux à chair ferme. C’est précisément ce qui l’a fait disparaître du commerce : une guigne ne voyage pas. Elle ne se rencontre plus que là où elle est plantée — ce qui est, pour un verger familial, exactement l’argument.
Caractéristiques du fruit
La cerise Abouriou est un fruit cordiforme de calibre moyen, à la peau pourpre virant au noir à pleine maturité, porté par un long pédoncule.
- Chair : très tendre, de couleur pourpre, très juteuse.
- Jus : pourpre et abondant — c’est un caractère technique autant que gustatif.
- Saveur : très équilibrée entre sucre et acidité, de très bonne qualité gustative.
Cette chair tendre et colorée distingue nettement l’Abouriou du cerisier Burlat, qui mûrit à la même période mais offre un bigarreau plus ferme et un jus moins coloré. Elle la rapproche en revanche du cerisier Early Rivers, autre guigne précoce.
Pollinisation du Cerisier Abouriou
Le cerisier Abouriou n’est pas autofertile. Planté seul, il fleurira sans produire. Il lui faut une seconde variété de cerisier doux compatible, plantée à moins de 20 à 30 mètres, et fleurissant à la même période — fin mars à début avril.
Les variétés citées comme pollinisatrices de l’Abouriou sont le Napoléon, le Van et le Reverchon. Dans notre catalogue, orientez-vous donc vers le cerisier Van, l’un des meilleurs donneurs de pollen de l’espèce, ou vers le cerisier Napoléon, à floraison également tardive.
Culture et entretien du Cerisier Abouriou
Sol et exposition
L’Abouriou demande un sol riche et léger, frais mais drainé : il craint l’eau stagnante, comme tous les cerisiers doux. Plein soleil. Sa floraison peu sensible aux gelées tardives est un atout notable pour une variété aussi précoce — un point sur lequel il se comporte mieux que bien des cerisiers de fin mai.
Plantation
Nos scions partent en racines nues, de décembre à mars. L’Abouriou est peu vigoureux et reste un arbre de taille moyenne, de l’ordre de 5 m de haut pour 4 m d’envergure : il convient bien à un verger familial sans grand espace. Voir notre guide comment choisir son porte-greffe.
Taille
Le cerisier supporte mal la taille sévère, qui provoque des écoulements de gomme. Sur un arbre déjà peu vigoureux comme l’Abouriou, intervenez d’autant plus légèrement : formation les trois premières années, puis simple entretien, en fin d’été après la récolte, jamais en hiver humide.
Maladies et ravageurs
L’Abouriou est décrit comme peu sensible aux parasites, ce qui est cohérent avec son statut de variété locale sélectionnée par l’usage. Sa récolte de fin mai le met par ailleurs largement hors de portée de la mouche de la cerise, qui pond sur les fruits en cours de coloration à partir de juin — un avantage décisif en conduite biologique. Restez attentif au puceron noir au printemps et aux oiseaux à l’approche de la maturité.
Utilisations en cuisine
L’Abouriou se mange d’abord crue, sous l’arbre. Mais contrairement à la plupart des guignes précoces, elle a une vraie vocation de transformation : sa chair fondante et son jus pourpre abondant en font une excellente cerise de pâtisserie, et surtout un remarquable jus épais et coloré. Clafoutis, coulis, sirops, cerises à l’eau-de-vie : le jus teinte les préparations sans qu’il faille y ajouter quoi que ce soit.
Abouriou : la cerise ou le cépage ?
Les deux, et ce n’est pas une coïncidence. L’Abouriou est aussi le nom d’un cépage rouge emblématique des Côtes du Marmandais, dans le même Lot-et-Garonne. Il ne s’agit évidemment pas de la même plante — l’une est un Prunus avium, l’autre une Vitis vinifera — mais bien du même mot.
Ce mot vient de l’occitan aboriu, qui signifie hâtif, précoce. Le cépage Abouriou est l’un des raisins les plus précoces du Marmandais ; la cerise Abouriou est l’une des premières du département. Deux plantes sans rapport botanique, un même terroir, un même adjectif gascon pour dire la même chose : celui-là arrive tôt. Si vous cherchez l’un et que vous trouvez l’autre, vous savez désormais pourquoi.
Le long pédoncule non adhérent : avantage ou défaut ?
Une particularité de l’Abouriou mérite d’être expliquée plutôt que mentionnée en passant : son long pédoncule se détache facilement du fruit. À la cueillette, la cerise vient souvent seule, sans sa queue.
C’est un avantage si vous récoltez pour transformer : la cueillette est rapide, et vous n’avez pas à équeuter avant de dénoyauter pour un clafoutis ou un jus. C’est un inconvénient si vous voulez conserver les fruits quelques jours : une cerise détachée de son pédoncule se déshydrate et s’altère plus vite qu’une cerise entière. Avec une chair déjà très tendre, l’Abouriou n’est de toute façon pas une cerise de garde — comptez deux à trois jours, et prévoyez de la transformer si la récolte est abondante.
Questions fréquentes sur le Cerisier Abouriou
Abouriou est-il une cerise ou un raisin ?
Les deux portent ce nom. L’Abouriou est à la fois une variété ancienne de cerise du Lot-et-Garonne et un cépage rouge des Côtes du Marmandais, dans le même département. Ce ne sont pas les mêmes plantes, mais bien le même mot occitan, aboriu, qui signifie « hâtif » : toutes deux sont des variétés précoces.
Le cerisier Abouriou est-il autofertile ?
Non. L’Abouriou n’est pas autofertile : planté seul, il fleurira sans donner de fruits. Il faut lui associer une seconde variété de cerisier doux compatible, à floraison concomitante, plantée à moins de 20 à 30 mètres. Le Napoléon, le Van et le Reverchon sont cités comme pollinisateurs.
Quand récolte-t-on les cerises Abouriou ?
La récolte de l’Abouriou a lieu fin mai, à la même époque que le Burlat, ce qui en fait l’une des premières cerises de la saison. Cueillez-la quand le pourpre a viré au presque noir. Sa précocité la met largement hors de portée de la mouche de la cerise, active à partir de juin.
D’où vient le nom Abouriou ?
De l’occitan aboriu, qui signifie hâtif ou précoce. C’est un adjectif descriptif, pas un nom de famille ni un nom de lieu : il a été appliqué localement à plusieurs variétés fruitières précoces du Lot-et-Garonne, dont cette cerise et le cépage rouge du Marmandais.
Que faire avec des cerises Abouriou ?
La manger crue d’abord, sa chair fondante et son équilibre sucre-acidité s’y prêtent parfaitement. Mais l’Abouriou se distingue des autres guignes précoces par sa vocation de transformation : son jus pourpre et abondant donne d’excellents clafoutis, coulis, sirops et jus épais, sans besoin d’ajouter de colorant.
Notre retour d’expérience en pépinière (Lot-et-Garonne)
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