Description
Cerisier Bigarreau Marmotte
Le cerisier Bigarreau Marmotte est une variété ancienne française découverte vers 1850 à Jussy, dans l’Yonne, reconnue pour ses très gros fruits cordiformes rouge foncé brillant, à chair ferme, croquante, sucrée et acidulée. Le Bigarreau Marmotte se récolte de fin juin à début juillet et compte parmi les cerises les plus charnues du verger ancien. C’est une variété autostérile : elle a besoin d’un pollinisateur. Nous la greffons à la pépinière, au Passage d’Agen, en Lot-et-Garonne, en certification AB / Ecocert.
Fiche d’identité du Bigarreau Marmotte
| Critère | Valeur | Précision |
|---|---|---|
| Espèce | Prunus avium | Cerisier doux, groupe bigarreau |
| Synonymes | Cœur de Marmotte, Marmotte | Bigarreau Marmotte |
| Origine | Jussy, Yonne (France) | Trouvé dans une haie vers 1850 |
| Floraison | De mars à mi-avril | Fleurs blanches très abondantes |
| Pollinisation | Autostérile | Pollinisateur obligatoire |
| Récolte | Fin juin à début juillet | Environ un mois après le Burlat |
| Fruit | Très gros, cordiforme | Rouge foncé à pourpre brillant |
| Noyau | Très petit | Pédoncule court |
| Chair | Abondante, ferme, croquante | Juteuse, sucrée et acidulée |
| Conservation | 3 jours à température ambiante | 5 jours au réfrigérateur |
| Usage | Frais, clafoutis, bocaux | Chair ferme, tient à la cuisson |
| Vigueur | Vigoureux, environ 6 × 4 m | Port semi-érigé puis étalé |
| Mise à fruit | Rapide | Productivité élevée |
| Rusticité | Jusqu’à environ −20 °C | Bois très résistant au froid |
| Porte-greffes proposés | — |
Présentation du Bigarreau Marmotte
Le Bigarreau Marmotte n’a pas d’obtenteur : il a été trouvé. Vers 1850, à Jussy dans l’Yonne, un habitant repère dans sa haie un cerisier issu d’une hybridation naturelle, aux fruits remarquablement gros. L’homme était, dit la tradition locale, peu porté sur le travail — ce qui lui avait valu le sobriquet de « Marmotte », l’animal qui dort la moitié de l’année. Le nom est resté au cerisier.
Cette anecdote mérite d’être rétablie, car plusieurs fiches en ligne attribuent la variété à un « M. Marmotte », comme s’il s’agissait d’un patronyme d’obtenteur. Le Bigarreau Marmotte est en réalité un pur produit du hasard, comme le sont beaucoup des grandes variétés anciennes — le cerisier Burlat lui aussi vient d’un semis spontané repéré dans un quartier de Lyon.
Caractéristiques du fruit
La cerise Marmotte est avant tout une affaire de calibre : c’est l’un des plus gros bigarreaux du répertoire ancien, cordiforme, plus ou moins allongé, à la peau rouge foncé brillant virant au pourpre.
- Chair : abondante, ferme, franchement croquante, juteuse.
- Saveur : sucrée avec une acidité nette, plus marquée que sur un Burlat ou un Napoléon.
- Noyau : très petit, ce qui augmente encore le rapport chair/noyau — le vrai atout de la variété.
- Pédoncule : court, caractéristique de la variété.
Ce rapport chair/noyau exceptionnel explique la réputation du Marmotte : à calibre égal, on mange davantage de cerise. Sa fermeté le distingue nettement d’une guigne comme l’Early Rivers, à chair tendre.
Pollinisation du Bigarreau Marmotte
Le Bigarreau Marmotte est autostérile. Sur ce point, les sources sont pour une fois unanimes : planté seul, il ne produira pas. Il lui faut une seconde variété de cerisier doux compatible, à floraison concomitante, plantée à moins de 20 à 30 mètres.
- Le cerisier Burlat est le pollinisateur le plus cité, et la relation joue dans les deux sens : le Marmotte est lui-même reconnu comme un bon pollinisateur du Burlat.
- Le cerisier Early Rivers revient dans plusieurs listes de pollinisateurs du Marmotte.
- Le cerisier Bigarreau Moreau forme avec le Marmotte un duo classique, vendu comme tel par plusieurs pépiniéristes, et le cerisier Van convient également.
Une réserve importante sur le Napoléon. Un vendeur signale explicitement une incompatibilité entre le Marmotte et le Bigarreau Napoléon, quand un autre le recommande au contraire comme pollinisateur. Nous n’avons pas trouvé de source pomologique permettant de trancher. Dans le doute, ne comptez pas sur un Napoléon pour féconder votre Marmotte : les partenaires cités ci-dessus ne font l’objet d’aucune contestation.
Culture et entretien du Bigarreau Marmotte
Sol et exposition
Le Bigarreau Marmotte demande un sol riche, léger, frais mais drainé : comme tous les cerisiers doux, il redoute l’eau stagnante. Plein soleil, à l’abri des vents froids. Son bois résiste bien au froid, jusqu’à environ −20 °C.
Plantation
Nos scions partent en racines nues, de décembre à mars. Le Marmotte forme un arbre de taille moyenne, de l’ordre de 6 m de haut pour 4 m d’envergure sur porte-greffe vigoureux, au port d’abord dressé puis s’étalant. Notre guide comment choisir son porte-greffe vous aidera à caler la taille adulte selon votre terrain.
Taille
La mise à fruit du Bigarreau Marmotte est rapide, ce qui est appréciable sur une espèce généralement patiente. Menez une taille de formation les trois premières années, puis limitez-vous à un entretien léger. Intervenez après la récolte, en fin d’été, jamais en hiver humide : les grosses plaies hivernales sur cerisier ouvrent la porte au plomb et aux gommoses.
Maladies et ravageurs
Le Bigarreau Marmotte est réputé peu sensible dans l’ensemble, mais restez attentif à la moniliose, à l’oïdium et au puceron noir du cerisier au printemps. Sa récolte de fin juin le place en pleine période d’activité de la mouche de la cerise : piégeage et surveillance sont à prévoir en conduite biologique, contrairement aux variétés de fin mai qui passent avant le problème.
Utilisations en cuisine
La cerise Marmotte est d’abord un fruit de bouche, et son calibre y contribue beaucoup. Sa chair ferme la rend aussi très commode en cuisine : elle tient à la cuisson, ne se délite pas en clafoutis, et se prête particulièrement bien aux bocaux au sirop et aux cerises à l’eau-de-vie. Son acidité marquée équilibre naturellement les préparations sucrées, là où une variété très douce demande un trait de citron.
Attendre la pleine maturité : la règle d’or du Marmotte
C’est le conseil le plus utile qu’on puisse donner sur cette variété, et il n’apparaît quasiment nulle part. Le Bigarreau Marmotte cueilli trop tôt est décevant, voire amer. Sa peau prend une belle couleur rouge foncé bien avant que la chair n’ait fini d’accumuler ses sucres : l’aspect trompe.
Il faut donc laisser le fruit sur l’arbre jusqu’à sa complète maturité, quand le rouge foncé vire au pourpre presque noir. L’amertume disparaît alors, le sucre monte, et l’acidité se met en place au lieu de dominer. Rappelez-vous par ailleurs qu’une cerise n’évolue plus après la cueillette : ce qui est cueilli vert restera vert. Une semaine de patience change complètement l’expérience — et c’est aussi la semaine pendant laquelle il faut protéger l’arbre des oiseaux.
Trois points sur lesquels les sources divergent
Le Bigarreau Marmotte est une variété ancienne peu documentée, et les fiches en ligne se contredisent. Autant le dire franchement plutôt que de trancher au hasard.
- La sensibilité au gel. Certains décrivent une floraison de mi-mars, exposée aux gelées ; d’autres une floraison de mi-avril, peu sensible. Par prudence, plantez votre Marmotte hors des bas-fonds où l’air froid stagne.
- L’éclatement des fruits. Deux sources le donnent bien résistant à la pluie, une troisième le dit un peu sensible. Surveillez les averses en fin de maturation, comme sur toute variété de fin juin.
- La date de récolte. Les observations vont de la mi-juin à la mi-juillet selon les régions. Retenez « fin juin à début juillet » comme repère, et ajustez sur votre première année de production.
Questions fréquentes sur le Bigarreau Marmotte
Le cerisier Bigarreau Marmotte est-il autofertile ?
Non. Le Bigarreau Marmotte est autostérile, et sur ce point les sources sont unanimes : planté seul, il fleurira sans produire. Il faut lui associer une seconde variété de cerisier doux compatible, à floraison concomitante, plantée à moins de 20 à 30 mètres. Le Marmotte est en revanche lui-même un bon pollinisateur.
Quel pollinisateur pour un cerisier Marmotte ?
Le Burlat est le partenaire le plus souvent cité, et la relation fonctionne dans les deux sens. L’Early Rivers, le Bigarreau Moreau et le Van conviennent également. En revanche, une source signale une incompatibilité entre le Marmotte et le Napoléon : dans le doute, mieux vaut ne pas retenir cette association.
Quand récolte-t-on les cerises Marmotte ?
La récolte du Bigarreau Marmotte se situe de fin juin à début juillet, soit environ un mois après le Burlat, avec des observations allant de la mi-juin à la mi-juillet selon les régions. Attendez la complète maturité, quand le rouge foncé vire au pourpre : cueilli trop tôt, le fruit est amer.
D’où vient le nom du Bigarreau Marmotte ?
D’un sobriquet. Vers 1850, à Jussy dans l’Yonne, un habitant découvre dans sa haie un cerisier issu d’une hybridation naturelle. Réputé peu porté sur le travail, il était surnommé « Marmotte » — et le nom est resté au cerisier. Contrairement à ce qu’on lit parfois, il ne s’agit donc pas du patronyme d’un obtenteur.
Le Bigarreau Marmotte a-t-il un gros noyau ?
Non, c’est même l’un de ses principaux atouts : le noyau du Marmotte est très petit pour un fruit aussi gros, ce qui donne un rapport chair/noyau exceptionnel. La chair est abondante, ferme et croquante, et le fruit est porté par un pédoncule court, caractéristique de la variété.
Notre retour d’expérience en pépinière (Lot-et-Garonne)
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